Sous les arbres de Deoksugung-gil, la tradition coréenne a défilé avec panache. Quatre maisons de mode ont revisité le hanbok, entre élégance millénaire et modernité assumée, offrant un spectacle unique mêlant couture et culture populaire.
Le 2 mai dernier, en plein cœur de Séoul, la mode traditionnelle coréenne s’est offerte une vitrine hors du commun. La rue Deoksugung-gil, bordée d’arbres et de pierres centenaires, a accueilli la Seoul Fashion Road, un événement qui redonne vie au hanbok. Quatre maisons coréennes ont présenté leurs créations devant un public séduit, mêlant authenticité et réinterprétation moderne. Un moment suspendu où passé et futur se sont croisés sur un même podium.
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Une scène en plein air digne des plus grands défilés
Ce n’est ni à Paris ni à Milan, mais bien à Séoul qu’un événement mode a captivé les objectifs. Le cadre bucolique de Deoksugung-gil, à deux pas du palais historique, a été métamorphosé en podium à ciel ouvert. Sous les feuillages printaniers, les silhouettes élégantes ont défilé sur la pierre, portées par des mannequins au pas fluide, accompagnés d’un orchestre jouant des airs de dramas coréens. Ce format ouvert au public tranche avec les fashion weeks fermées. Ici, les passants, les curieux et les passionnés ont pu vivre le défilé, ressentir l’énergie et redécouvrir le hanbok dans un contexte urbain vivant.
Une initiative pour soutenir les créateurs coréens
Lancée en 2024, la Seoul Fashion Road veut aider les créateurs à faire rayonner leur savoir-faire. Ce printemps 2025, l’événement a proposé deux défilés, dont celui du 2 mai, consacré exclusivement au hanbok. L’objectif : moderniser la perception de ce vêtement trop souvent cantonné aux cérémonies, et montrer qu’il peut aussi être tendance, portable et ancré dans le quotidien. Le soutien institutionnel, notamment de la mairie de Séoul et d’organismes culturels coréens, permet à ces stylistes de se faire connaître aussi bien sur la scène locale qu’internationale, en valorisant une mode identitaire et respectueuse de ses racines.
Seodamhwa : la nature en fil rouge
La maison Seodamhwa, dont le nom évoque la lenteur et l’harmonie, a séduit avec une collection aux couleurs naturelles et aux tissus bruts. Chaque pièce semblait sortir d’un paysage coréen : feuilles d’automne, ciel d’aube, fleurs de cerisier. Les coupes, fluides et sobres, rappellent l’élégance ancienne du hanbok, tout en assumant des audaces de coupe. Déjà remarquée lors de sa participation à la Korea House des Jeux olympiques de Paris 2024, la marque confirme son ascension. Elle incarne une vision poétique du vêtement traditionnel, tout en le rendant désirable pour une clientèle internationale.

Guiroe : quand tradition rime avec pop culture
Guiroe, qui signifie « au carrefour », propose une approche plus accessible du hanbok. Déjà reconnue pour avoir habillé des séries comme Itaewon Class, elle veut ouvrir la porte du hanbok à une génération connectée, urbaine, qui ne veut pas sacrifier le style au confort. La collection présentée mélange coupes traditionnelles et matières légères, parfaites pour les climats chauds ou les journées actives. Les coloris pastel, les motifs géométriques et les ceintures amovibles permettent une modularité rare dans ce type de vêtement.
Dolsilnai : le hanbok version jeune génération
La marque Dolsilnai a frappé fort avec sa ligne Kkomakeu, pensée pour les jeunes. Les tissus traditionnels sont ici retravaillés avec des touches contemporaines : manches courtes, volumes asymétriques, capuches intégrées. Ce hanbok version streetwear est pensé comme un pont entre passé et futur. Le public jeune, de plus en plus friand de looks inspirés du patrimoine coréen, trouve ici une proposition cohérente, stylée et portable au quotidien. La collection vise aussi les marchés étrangers, où le K-style s’impose dans les rues de Tokyo, Paris ou São Paulo.

Studio Hyeon : l’élégance discrète pour tous les jours
Le Studio Hyeon a misé sur la sobriété. Pas d’exubérance, mais une élégance fonctionnelle qui fait mouche. Les tissus, soigneusement sélectionnés, donnent aux vêtements un tombé fluide, presque zen. La maison s’adresse à ceux qui veulent porter du hanbok sans attirer tous les regards : actrices, artistes, jeunes urbains. Parmi leurs clients notables figurent l’actrice Kim Taeri et la patineuse Kim Yuna, preuve que leur vision d’une mode quotidienne et chic séduit les personnalités les plus exigeantes.
Une ambiance musicale pensée comme un drama coréen
Pour accompagner ce moment de mode, un orchestre en direct a joué des morceaux tirés de bandes originales de séries coréennes emblématiques. Valses, ballades et sons plus modernes ont rythmé les pas des mannequins, plongeant les spectateurs dans un univers à mi-chemin entre tradition et fiction. L’atmosphère sonore a permis d’intensifier l’impact émotionnel du défilé. C’est cette mise en scène totale, entre vêtements, musique et lieu historique, qui a donné à l’événement son cachet si particulier.
Un succès qui pourrait s’exporter
Face à l’engouement du public, il n’est pas exclu que la Seoul Fashion Road se transforme en événement itinérant, avec des éditions à Paris, New York ou Hanoï. La vague d’intérêt pour la culture coréenne — K-pop, K-dramas, gastronomie — pourrait ouvrir la voie à des défilés traditionnels dans des villes emblématiques de la mode.
Voici un tableau synthétique des temps forts de l’édition 2025 :
| Date | Lieu | Marques participantes | Particularités |
|---|---|---|---|
| 2 mai 2025 | Deoksugung-gil | Seodamhwa, Guiroe, Dolsilnai, Hyeon | Défilé hanbok en plein air |
| 5 mai 2025 | Dongdaemun Plaza | Créateurs contemporains coréens | Défilé mixte mode et technologie |


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