Portée par une héroïne autiste au QI hors norme, la série juridique a démarré presque en catimini en Corée du Sud avant de devenir un phénomène national puis un succès planétaire sur Netflix.
Après des mois de rumeurs, de déclarations prudentes et de plannings impossibles à aligner, le producteur AStory a officiellement lancé la préproduction d’une deuxième saison.
Au scénario, on retrouve la plume qui a façonné la saison 1, tandis que les acteurs principaux oscillent entre excitation, pression et doutes à l’idée de replonger dans cet univers devenu culte.
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D’un démarrage discret à une vague nationale
Quand « Extraordinary Attorney Woo » débarque sur la chaîne câblée ENA à l’été 2022, personne ne mise vraiment sur ce drama juridique, programmé sur une petite chaîne et porté par une héroïne autiste loin des archétypes glamour habituels. Le premier épisode plafonne à 0,9 % d’audience, un score presque invisible dans la jungle des programmes coréens. Mais, semaine après semaine, le bouche-à-oreille s’emballe : extraits partagés sur les réseaux, discussions enflammées sur les forums, recommandations entre amis. Les téléspectateurs accrochent à la manière dont Woo Young Woo observe le monde, à la fois avec une logique implacable et une naïveté désarmante.
Très vite, la série cesse d’être « ce petit drama dont tout le monde parle en ligne » pour devenir un vrai rendez-vous de prime time. Chaque nouvel épisode grignote des parts de marché, au point de transformer une fiction de niche en phénomène familial, commenté autour de la table et au bureau le lendemain. Le final explose les compteurs avec 17,5 % d’audience au niveau national, et même 19,2 % dans la région de Séoul, un record historique pour ENA. Pour une chaîne câblée, c’est un tremblement de terre : le visage de Woo Young Woo s’impose dans le paysage médiatique, et le nom de la série devient synonyme de succès surprise.
Pourquoi une suite était inévitable
Avec un tel parcours, l’idée de s’arrêter après 16 épisodes relevait presque de l’absurde. Très vite, les fans, les médias et les annonceurs réclament une saison 2, convaincus que l’histoire de Young Woo ne peut pas s’achever sur quelques plaidoiries brillantes et quelques arcs personnels laissés en suspens. Du côté d’AStory, le producteur ne tarde pas à confirmer publiquement son intention de donner une suite à la série, tout en rappelant que rien ne se fait du jour au lendemain dans l’industrie du drama coréen.
Dès août 2022, son patron explique que l’objectif idéal serait de lancer cette deuxième saison vers 2024, en laissant à l’équipe le temps de souffler, d’écrire et d’organiser le retour de tout le monde. Le message est clair : l’enthousiasme est là, mais il faut gérer les plannings, les contrats et surtout la barre très haute posée par la première saison. Pendant ce temps, la machine médiatique continue de tourner : la série enchaîne les prix, dont un Grand Prix prestigieux aux Baeksang Arts Awards, et s’invite logiquement dans les bilans de fin d’année comme l’une des séries marquantes de 2022.
Dans ce contexte, la moindre interview d’un membre du casting est scrutée à la loupe : un « peut-être » devient un quasi « oui », un « on verra » est interprété comme une confirmation déguisée. Pendant plus d’un an, la saison 2 reste dans une sorte de zone grise : annoncée, désirée, mais jamais concrètement datée.
Préproduction enclenchée : la scénariste reprend la main
La vraie bascule intervient avec un rapport publié le 29 janvier par le média Bloter, confirmant que la saison 2 est entrée en phase de préproduction. Concrètement, cela signifie qu’AStory ne se contente plus de bonnes intentions : les équipes sont mobilisées, les premières réunions s’enchaînent, et la structure de la saison se dessine. Information clé pour les fans : la scénariste Moon Ji Won, qui avait déjà signé la saison 1, est de retour derrière le clavier.
Le fait de retrouver la même plume rassure les spectateurs qui craignaient un changement de ton ou une dilution du propos autour de l’autisme et du regard de Young Woo sur le monde. Moon Ji Won doit désormais réussir un exercice délicat : prolonger une histoire que beaucoup jugeaient déjà parfaitement bouclée tout en proposant de nouveaux cas, de nouveaux personnages secondaires et une évolution crédible pour l’héroïne. En coulisses, la préproduction ne se limite pas au script : budgets, repérages, calendrier de tournage et négociations avec les diffuseurs se mettent en place.
Pour visualiser la chronologie du projet, voici les grandes dates déjà connues :
| Date | Événement clé |
| Juin – août 2022 | Diffusion de la saison 1 sur ENA, montée d’audience de 0,9 % à 17,5 % |
| Août 2022 | AStory confirme publiquement son intention de produire une saison 2 |
| 2022 | Entrée dans le Top 10 mondial Netflix et Grand Prix aux Baeksang Arts Awards |
| Mars 2024 | Fin du service militaire de Kang Tae Oh |
| 29 janvier (année non précisée) | Bloter révèle le lancement de la préproduction de la saison 2 |
Ce tableau résume bien la dynamique : la série n’a jamais vraiment quitté la conversation publique, et chaque nouvelle étape rapproche un peu plus le projet du plateau de tournage.
Un casting à 90 % inchangé… en théorie
Dès les premières discussions, AStory fixe une ambition claire : conserver plus de 90 % du casting et de l’équipe technique de la saison 1. Sur le papier, cela semble simple. Dans la réalité, c’est un casse-tête digne d’un problème juridique géré par Hanbada. Entre les nouveaux projets, les tournages déjà signés, les obligations de promotion et, pour certains, le service militaire, aligner tout le monde relève presque du miracle.
Le producteur l’a reconnu lui-même : coordonner l’agenda de la distribution principale et du staff demandera du temps, et rien ne garantit que tous les visages familiers pourront revenir au même moment. L’idée d’un « noyau dur » préservé reste cependant une priorité, car la force d’« Extraordinary Attorney Woo » tient autant à son casting ensemble qu’à son écriture. Park Eun Bin, Kang Ki Young, Ha Yoon Kyung, Joo Jong Hyuk, Joo Hyun Young… chacun a apporté une couleur bien spécifique à l’univers de Hanbada.
Les fans, eux, scrutent le moindre mouvement sur les réseaux sociaux : un message nostalgique, une photo d’équipe ressortie des archives ou une allusion à la série déclenchent immédiatement des théories sur un retour imminent. Du côté d’AStory, le discours reste prudent : l’intention est de garder la troupe, mais la production n’exclut pas quelques ajustements imposés par la réalité des plannings.
Les doutes assumés de Park Eun Bin
Au centre de toutes les attentes, il y a forcément Park Eun Bin, l’interprète de Woo Young Woo. Sans elle, la série n’existe tout simplement pas dans sa forme actuelle. Et c’est précisément pour cette raison que l’actrice avance avec une grande prudence sur la question d’une saison 2. Dans plusieurs interviews, elle a expliqué à quel point il lui était difficile de se projeter, non pas par manque d’affection pour le rôle, mais parce que la réception du public a mis la barre très haut.
Plus la série a été aimée, plus la pression s’est accrue : comment revenir sans avoir l’impression de faire une copie de soi-même, ou pire, de décevoir ? L’actrice a reconnu que reprendre le personnage demanderait une détermination encore plus forte que lors du premier tournage, tant le risque de comparaison est permanent. Elle a également confié ne pas avoir été officiellement contactée pendant un certain temps pour la saison 2, ce qui a alimenté les spéculations sur une éventuelle hésitation de sa part.
Pour les fans, ces déclarations sont à la fois inquiétantes et rassurantes. Inquiétantes, car elles rappellent qu’il n’y a aucun automatisme, même quand une série explose. Rassurantes, car elles montrent que Park Eun Bin prend son rôle très au sérieux, qu’elle refuse de revenir juste pour cocher la case « saison supplémentaire » sans avoir quelque chose de solide à jouer. La balle est désormais autant dans le camp de la scénariste que dans celui de la production, qui devront proposer un arc à la hauteur de cette exigence.
Quand le reste du casting dit déjà « oui »
Si la prudence domine chez l’actrice principale, le ton est nettement plus enthousiaste chez plusieurs seconds rôles devenus très populaires. Kang Tae Oh, qui incarne Lee Jun Ho, le collègue attentionné de Young Woo, n’a jamais caché son envie de retrouver son personnage. Avant même la fin de son service militaire de 18 mois, il expliquait en interview qu’il serait « très heureux » de rempiler si l’occasion se présentait, tout en rappelant qu’aucune date de tournage n’était alors fixée.
Depuis sa démobilisation en mars 2024, la perspective d’un retour à l’écran dans un projet aussi exposé que la saison 2 d’« Extraordinary Attorney Woo » est évidemment scrutée par ses fans. De son côté, Joo Hyun Young, qui joue la déjantée Dong Geu Ra Mi, a raconté avoir découvert l’existence du projet de saison 2… via les médias. Loin d’en prendre ombrage, elle a affiché une énergie très positive, imaginant son personnage toujours en train de vivre sa vie à pleine vitesse, prête à débarquer à nouveau dans le quotidien de Young Woo.
Ces prises de position publiques créent un contraste intéressant avec la retenue de Park Eun Bin. Elles montrent aussi que la série a offert à ses acteurs secondaires une visibilité énorme, qu’ils sont nombreux à vouloir capitaliser sur cette exposition, mais dans un cadre digne de ce que la saison 1 a construit. Pour la production, l’enjeu sera de composer avec ces envies tout en restant cohérente sur l’équilibre des personnages et le temps d’écran de chacun.
Une ambition désormais pleinement mondiale
Au-delà de la Corée, « Extraordinary Attorney Woo » est devenue une référence dès son entrée dans le Top 10 mondial de Netflix. Sa manière de parler de handicap, de discriminations au travail et de violences institutionnelles à travers le prisme d’un cabinet d’avocats a trouvé un écho dans de nombreux pays. AStory l’a bien compris : la saison 2 ne devra pas seulement répondre aux attentes du public coréen, mais aussi à celles d’une audience internationale qui s’est attachée à la série en version sous-titrée ou doublée.
C’est dans cette logique que le studio a confirmé travailler sur des remakes étrangers aux États-Unis, au Japon et en Europe. Particularité notable : le producteur veut garder la main sur l’ensemble du processus, du développement des scénarios à l’adaptation culturelle, en passant par le calendrier de production. L’objectif est d’éviter les versions « dénaturées » qui reprendraient juste le concept sans respecter la finesse de l’écriture originale, notamment sur l’autisme et le regard porté sur la différence.
Ces remakes ne sont pas seulement des produits dérivés : en créant un écosystème global autour de l’univers de Young Woo, ils peuvent participer à maintenir la franchise au centre de l’attention et, potentiellement, à accélérer les investissements dans la saison 2. Plus la marque « Extraordinary Attorney Woo » sera forte à l’étranger, plus il sera facile de justifier un budget ambitieux, qu’il s’agisse de cachets, de décors ou de campagnes de promotion.
Ce que les fans peuvent vraiment attendre maintenant
Avec la préproduction lancée, un script en cours d’écriture et un casting majoritairement partant, la grande question reste évidemment : quand verra-t-on cette saison 2 sur les écrans ? Aucune date de tournage ni de diffusion n’a été officialisée, et il serait hasardeux d’annoncer un calendrier précis. Mais plusieurs éléments se dessinent : le temps nécessaire à l’écriture, à la négociation des contrats et à la préparation du tournage laisse penser que les fans devront encore patienter, même si la phase de simple rumeur est clairement derrière eux.
En attendant, cette saison 2 est déjà en train de redéfinir ce que peut être la trajectoire d’un K-drama à succès : une série partie d’audiences minuscules sur une chaîne câblée, devenue un phénomène culturel, puis un produit global décliné en remakes et en suites. Tout se jouera désormais sur la capacité de l’équipe à préserver l’âme du projet : le regard singulier de Woo Young Woo, la façon dont elle lit le monde à travers ses obsessions et ses routines, et la manière dont la série aborde les injustices sans jamais sacrifier l’émotion ni l’humour.
Pour les spectateurs, l’enjeu n’est pas seulement de « retrouver leurs personnages préférés », mais de voir comment cette héroïne autiste, devenue icône malgré elle, peut continuer à grandir dans un univers professionnel et social qui reste profondément imparfait. Si la saison 2 parvient à garder ce mélange de tendresse, de critique sociale et de précision dans l’écriture juridique, elle a toutes les chances de transformer un succès inattendu en véritable franchise installée. Et c’est bien cette promesse – celle d’un retour à la fois fidèle et plus ambitieux – qui rend l’attente aussi intense des deux côtés de l’écran.

