Ce coin de nature au cœur de Séoul cache un passé sombre : transformé en oasis écologique, il est devenu un modèle mondial de réhabilitation urbaine.
Pendant plus de quinze ans, des millions de tonnes de déchets ont été déversés à ciel ouvert sur une île fluviale de Séoul. Aujourd’hui, ce site renaît sous la forme de deux parcs publics spectaculaires. Situés à quelques pas du fleuve Hangang, ces espaces verts sont devenus des symboles de la résilience environnementale coréenne.
Ce récit étonnant montre comment un ancien cauchemar écologique s’est mué en destination prisée par les familles, les touristes et les amoureux de la nature.
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Une montagne de déchets en pleine capitale
Pendant des années, Nanjido n’était qu’un mot que les Séouliens prononçaient avec honte. À partir de 1978, cette ancienne île fluviale est transformée en gigantesque décharge municipale, entassant tout ce que la ville voulait oublier : déchets alimentaires, appareils électroménagers, gravats et ordures en tout genre. Au total, ce sont plus de 92 millions de tonnes de détritus qui s’y sont accumulés.
La colline artificielle ainsi formée atteignait près de 100 mètres, dégageant du méthane, du lixiviat et des odeurs pestilentielles. Pendant quinze ans, elle a empoisonné le sol, les eaux souterraines et l’air. Il aura fallu un changement politique et un objectif ambitieux pour que tout bascule.
Une renaissance portée par le sport
C’est l’attribution de la Coupe du monde de football 2002 à la Corée du Sud et au Japon qui provoque l’électrochoc. L’État décide alors de transformer cette zone polluée en un poumon vert urbain, non loin du futur stade de la Coupe du monde de Séoul. Dès 1993, la décharge est fermée, et un chantier de réhabilitation titanesque commence.
Les ingénieurs mettent en place un système de captage des gaz pour produire de l’énergie verte, notamment utilisée pour chauffer et climatiser les infrastructures sportives. Le lixiviat, liquide toxique généré par les déchets, est traité sur place avant d’être rejeté sans danger. La nature peut enfin reprendre ses droits.
Une couverture végétale sur une plaie urbaine
Pour éviter que les déchets enfouis ne réapparaissent, plusieurs couches de sol, de terre végétale et de membranes imperméables sont superposées sur la colline. On y plante ensuite des milliers d’arbres, d’herbes hautes et de fleurs indigènes. En quelques années, les anciens versants gris de la décharge deviennent de véritables prairies fleuries, attirant oiseaux, insectes et randonneurs.
Deux parcs naissent de ce projet : Haneul, situé au sommet, et Noeul, en contrebas. Le premier offre une vue panoramique sur toute la ville, tandis que le second propose de vastes pelouses, des sentiers ombragés et même une aire de camping très prisée en été.
Un accès simple et gratuit pour tous
Situés dans le quartier de Sangam-dong, dans l’arrondissement de Mapo, les parcs Haneul et Noeul sont à quelques minutes à pied du fleuve Hangang et du World Cup Stadium. L’entrée est gratuite, et des escaliers en bois permettent d’atteindre le sommet de la colline, avec la possibilité de prendre une navette électrique pour les personnes à mobilité réduite.
Les équipements sont modernes : toilettes, zones de repos, panneaux pédagogiques et même des sculptures artistiques, comme celle du Petit Prince, installée au parc Noeul. En automne, des festivals de la pampa ou des événements culturels attirent des foules nombreuses.
Un exemple de reconversion salué à l’international
L’histoire de Nanjido est aujourd’hui citée dans de nombreuses écoles d’urbanisme et d’environnement. Elle prouve qu’un lieu ravagé peut devenir un espace durable si on lui consacre assez de volonté politique, de technologie et de temps. Les habitants, autrefois méfiants, s’approprient désormais les lieux avec fierté.
Le méthane capté continue à produire une énergie réutilisable, et les stations de traitement des eaux usées recyclent une grande partie du lixiviat. Le site est suivi en permanence par les services municipaux pour éviter toute résurgence de pollution.
Des activités variées tout au long de l’année
Les deux parcs sont devenus de véritables centres de vie. En été, les Séouliens viennent pique-niquer ou camper sur les pelouses. En automne, les champs de graminées prennent des teintes dorées spectaculaires. Au printemps, les cerisiers et les magnolias colorent les sentiers. Et toute l’année, les promeneurs viennent y chercher un peu de calme et d’oxygène.
Événements réguliers :
- Festival des graminées d’Haneul (octobre)
- Festival de la pleine lune à Noeul (septembre)
- Ateliers écologiques pour enfants (été)
- Randonnées urbaines et visites guidées
Même les cinéastes s’en emparent, certains films et séries sud-coréennes ayant choisi ce décor insolite pour des scènes de contemplation ou de transformation.
Une promenade à ne pas manquer lors d’un séjour à Séoul
Pour les voyageurs en quête d’expériences originales, cette balade dans un ancien dépotoir métamorphosé est un moment fort. On y accède facilement depuis le centre-ville en métro (ligne 6, arrêt World Cup Stadium), puis en marchant une dizaine de minutes. Le parc Haneul, avec ses marches en bois et ses plateformes d’observation, est parfait pour les photos panoramiques.
Il est conseillé de venir tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la chaleur et profiter des plus belles lumières. Des distributeurs de boissons et des stands de glace permettent de faire une pause bien méritée en admirant l’horizon sur la capitale sud-coréenne.
Cet article explore la métamorphose d’un lieu oublié en vitrine écologique, illustrant les efforts de régénération urbaine menés à Séoul, et offrant une belle leçon d’espoir environnemental pour les générations futures.

