Pendant près de deux ans, l’Hexagone va se transformer en terrain de jeu pour la K-culture, des musées nationaux aux festivals les plus prestigieux.
Expositions XXL, spectacles, séries, mode, gastronomie : le programme ne se limite pas à Paris, il s’étire jusqu’à Avignon, Nantes, Montpellier ou Strasbourg.
Objectif affiché du gouvernement sud-coréen : profiter de cet anniversaire pour renforcer les échanges culturels et donner une visibilité massive aux artistes et créateurs coréens.
Derrière les discours diplomatiques, c’est aussi une opération très concrète de soft power, pensée pour connecter fans de K-pop, d’arts visuels et de dramas aux institutions françaises.
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Des musées transformés en vitrines K-culture
Au cœur du dispositif, les institutions culturelles françaises deviennent des plateformes pour la création coréenne. Au Centre culturel coréen à Paris, l’exposition « Couleurs de Corée, lumière sur l’art contemporain coréen » aligne les œuvres de 34 artistes, des figures historiques aux talents émergents. Le parcours, lancé fin octobre 2025, reste visible jusqu’au 29 août 2026, laissant au public largement le temps de découvrir cette scène en plein boom.
Le Musée national des arts asiatiques Guimet enchaîne, lui, plusieurs rendez-vous clés pour le grand public. « K-Beauty, beauté coréenne, histoire d’un phénomène » retrace le lien entre esthétique traditionnelle et vague K-pop, avant de laisser la place à « Silla : l’or et le sacré », première grande exposition européenne dédiée à ce royaume historique. En fin d’année, une exposition autour du trompe-l’œil coréen doit encore prolonger ce focus, confirmant la place de la Corée dans la programmation stratégique du musée.
Pour élargir le spectre, la Fondation Fiminco à Romainville accueille au printemps une exposition autour des nouveaux médias, portée par l’artiste Kang Yi-yun et de jeunes créateurs coréens installés en France. Ce volet plus expérimental montre que Séoul ne se contente pas d’exporter ses classiques : la scène contemporaine la plus pointue fait aussi partie de la tournée. Entre institutions parisiennes et lieux alternatifs, la Corée occupe ainsi tout le terrain, des grands musées aux espaces plus confidentiels.
Dates et lieux clés du programme Corée-France
| Événement | Lieu | Dates prévues |
| « Couleurs de Corée » (art contemporain) | Centre culturel coréen, Paris | 24 octobre 2025 – 29 août 2026 |
| Exposition nouveaux médias (Kang Yi-yun & co) | Fondation Fiminco, Romainville | Avril – juin 2026 |
| « K-Beauty, beauté coréenne » | Musée Guimet, Paris | 18 mars – 6 juillet 2026 |
| « Silla : l’or et le sacré » | Musée Guimet, Paris | 20 mai – 31 août 2026 |
| Trompe-l’œil dans la peinture coréenne | Musée Guimet, Paris | Septembre 2026 – janvier 2027 |
| Performances Nuit européenne des musées | Musées parisiens (dont MAM Paris) | À partir du 23 mai 2026 (soir) |
| Corée invitée au Festival d’Avignon | Avignon | 4 – 25 juillet 2026 |
| Compétition de breakdance Corée-France | Théâtre du Châtelet, Paris | Octobre 2026 |
| Corée invitée d’honneur à Séries Mania | France (festival Séries Mania) | Mars 2026 |
| Stand cinéma coréen au Marché du film | Cannes | Mai 2026 |
| « Concept Korea » (mode) | Paris Fashion Week | Mars et septembre 2026 |
| Rencontres professionnelles du tourisme | Divers sites en France | Juin 2026 |
Spectacles, séries, mode : la diplomatie par le divertissement
Au-delà des musées, la Corée mise sur le spectacle vivant et le divertissement pour toucher un public encore plus large. Dès la Nuit européenne des musées, des performances contemporaines s’installent dans plusieurs lieux parisiens. L’été, c’est le Festival d’Avignon qui devient vitrine : langue coréenne invitée officielle, pièces de théâtre, danse, littérature et gastronomie se croisent pendant trois semaines, avec la volonté assumée de sortir du simple « focus pays » pour marquer les esprits. En octobre, une compétition de breakdance franco-coréenne au Théâtre du Châtelet vient surfer sur la discipline devenue olympique.
Les industries culturelles ne sont pas oubliées, loin de là. En séries, la Corée arrive pays invité d’honneur à Séries Mania, terrain idéal pour valoriser dramas et coproductions auprès des diffuseurs européens. Au cinéma, un stand dédié au Marché du film de Cannes permettra de pousser les prochains hits coréens auprès des acheteurs internationaux. La mode s’invite avec « Concept Korea » pendant les Fashion Weeks parisiennes, tandis que des rencontres autour du tourisme et de l’édition alignent rendez-vous B2B et échanges professionnels. Pour Séoul, cet anniversaire n’est pas qu’une célébration symbolique : c’est une offensive culturelle pensée pour durer bien au-delà de 2027, en ancrant la K-culture dans le paysage français comme une évidence, pas comme une parenthèse.

