Dans les coulisses des dramas coréens, tout se joue sur la réputation et le timing : un scandale au mauvais moment et c’est une production entière qui vacille.
L’affaire Ji Soo en est l’illustration parfaite, avec un tournage quasiment bouclé, un changement de tête d’affiche en urgence et des coûts supplémentaires qui explosent.
Face à ce chaos, la justice a estimé que l’ancienne agence devait assumer une partie de la note, reconnaissant une vraie responsabilité contractuelle.
Au-delà du cas individuel, ce jugement envoie un signal clair à toute l’industrie audiovisuelle coréenne : les polémiques privées peuvent coûter très cher aux séries grand public.
A lire aussi :
- Netflix relance la machine : « Single’s Inferno 6 » débarque, et ça promet d’être encore plus toxiquement addictif
- Mort de Jung Eun Woo à 40 ans : le message glaçant posté la veille qui bouleverse les fans de K-dramas
Un tournage bouleversé par un scandale de jeunesse
En mars 2021, alors que seulement six épisodes de River Where the Moon Rises avaient été diffusés sur KBS, des accusations de harcèlement scolaire visant Ji Soo ressortent de son passé. L’acteur reconnaît une partie des faits et quitte le projet, laissant la production avec 18 épisodes déjà tournés sur un total prévu de 20 épisodes. L’équipe doit alors déclencher un recasting express, une opération toujours risquée sur un drama en cours de diffusion.
Le rôle principal est confié à l’acteur Na In Woo, à partir de l’épisode 7, mais la décision entraîne un chantier colossal : les épisodes 1 à 6 sont entièrement retournés, tandis que le planning de tournage est compressé pour ne pas perdre le public. Résultat : des journées rallongées, des équipes sous pression et une facture de production qui s’envole. Victory Contents, la société derrière le drama, chiffre ensuite ses pertes et met en demeure l’ancienne agence de l’acteur.
Initialement, la production réclame environ 3 milliards de wons (près de 2,1 millions d’€) en dommages et intérêts, incluant les frais de reshoot et les retards de planning. Lors du premier procès, le tribunal retient déjà une large part de la demande et condamne Keyeast, l’ancienne agence de Ji Soo, à payer environ 1,42 milliard de wons, soit près de 980 000 €. Pour une société de production, ce type de choc financier peut mettre en danger des projets futurs et refroidir les investisseurs les plus prudents.
Une décision qui rebat les cartes des contrats d’acteurs
Le 13 février, la cour d’appel de Séoul confirme le principe de la responsabilité de l’agence, tout en réduisant le montant dû à 880 millions de wons, soit environ 560 000 €. Keyeast doit régler la somme, assortie d’intérêts de retard, au profit de Victory Contents. Le message est limpide : un acteur ne vient pas seulement avec son talent, mais aussi avec le risque réputationnel qu’il représente pour toute la chaîne de production.
Pour les producteurs, ce jugement devient un cas d’école : il renforce l’idée que les contrats doivent intégrer des clauses de moralité plus strictes, couvrant les comportements passés susceptibles de remonter à la surface. Les agences, elles, sont incitées à mieux auditer leurs talents et à anticiper les crises d’image avant qu’elles ne paralysent un tournage. Dans un marché mondial où les K-dramas se vendent à prix d’or en streaming, chaque scandale devient un risque financier majeur.
Pour mieux visualiser la chronologie de l’affaire, voici les dates clés et les décisions associées, qui permettent de mesurer l’ampleur du dossier pour les acteurs de l’industrie coréenne :
| Date | Événement |
|---|---|
| Mars 2021 | Révélations de harcèlement scolaire visant Ji Soo pendant la diffusion du drama |
| Mars 2021 | Ji Soo reconnaît partiellement les faits et se retire du projet |
| Mars 2021 | Arrivée de Na In Woo et décision de retourner les épisodes 1 à 6 |
| Première instance | Condamnation d’environ 1,42 milliard de wons (près de 980 000 €) |
| 13 février | Arrêt en appel : 880 millions de wons à verser (environ 560 000 €) |
Cette affaire rappelle à quel point la gestion de crise, la transparence des agences et la solidité des contrats sont devenues des enjeux vitaux pour les studios, les plateformes et tous ceux qui misent sur le marché global des dramas coréens.

