Face à un scandale national en Corée du Sud, l’adaptation télévisée du webtoon « L’Écolier que j’aime » a été abandonnée. Le projet, jugé choquant par une large part de l’opinion publique, abordait une relation inappropriée entre une enseignante et son élève.
Ce qui devait n’être qu’un projet de fiction a rapidement tourné au scandale. La tentative d’adaptation en série d’un webtoon jugé malsain a déclenché une levée de boucliers en Corée du Sud. L’œuvre, déjà controversée pour sa trame problématique, s’est retrouvée au centre d’un débat national sur la responsabilité morale des créateurs de contenus. Retour sur une affaire qui a mis le feu aux poudres.
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Une histoire controversée remise sur le devant de la scène
Ce qui a provoqué l’indignation générale, c’est la volonté de relancer une œuvre jugée déjà problématique lors de sa diffusion initiale. Publié entre 2015 et 2020, le webtoon racontait l’histoire d’une enseignante en école primaire tombant amoureuse d’un personnage de jeu vidéo, qui s’avère être l’un de ses propres élèves. Une trame perçue comme une romantisation dangereuse d’une relation déséquilibrée et interdite.
Une adaptation annoncée puis brutalement interrompue
Le 27 juin 2025, la plateforme C&C Revolution et la société Meta New Line ont officialisé le lancement d’un projet d’adaptation dramatique. Mais à peine une semaine plus tard, face aux réactions virulentes du public, les producteurs ont fait marche arrière. Le 3 juillet, StarNews a confirmé que tous les plans ont été abandonnés, les responsables invoquant une sensibilité sociale accrue et un respect du débat public.
Une condamnation unanime des enseignants
Le coup de grâce est venu d’une déclaration ferme de la Fédération coréenne des enseignants, publiée le 1er juillet. Dans cette lettre ouverte, les représentants du monde éducatif ont qualifié l’œuvre de « glorification inacceptable des crimes de grooming ». Ils ont rappelé que les enseignants ont une obligation morale de protéger leurs élèves, et non de se placer dans une posture ambiguë. Le webtoon a été vu comme une attaque frontale contre la confiance éducative.
Les plateformes de lecture numériques coupent les ponts
Sous la pression, plusieurs grands services de lecture coréens – Naver Series, KakaoPage et Ridibooks – ont suspendu la distribution du webtoon. Ces plateformes, très influentes dans l’univers de la bande dessinée numérique, ont dû réagir rapidement face à la tempête médiatique. Cette dépublication coordonnée montre à quel point l’industrie commence à prendre au sérieux la responsabilité éthique dans le choix des contenus.
Des excuses, mais aussi un malaise persistant
Meta New Line, la société à l’origine du projet, a présenté ses excuses à l’auteur pour la relance malheureuse de son œuvre. Mais cette tentative d’amortir la polémique n’a pas convaincu tout le monde. Beaucoup s’interrogent : comment un tel projet a-t-il pu passer toutes les étapes de validation sans qu’aucune alerte n’émerge plus tôt ? L’affaire soulève de profondes questions sur les mécanismes internes de décision dans le secteur du divertissement.
La fiction peut-elle tout se permettre ?
Le cœur du débat dépasse l’affaire elle-même : c’est la place de la liberté artistique dans une société sensible à la protection de l’enfance qui est remise en cause. Pour certains défenseurs de la création, toute fiction a le droit d’exister. Pour d’autres, certains sujets doivent être traités avec extrême prudence, voire évités, lorsqu’ils risquent de normaliser des comportements répréhensibles.
Un précédent qui marque un tournant
L’annulation de ce projet pourrait bien créer un précédent dans l’industrie coréenne du divertissement. Elle montre que le public ne tolère plus une banalisation des rapports inégaux, même dans un cadre fictionnel. D’autres œuvres pourraient être prochainement réévaluées à la lumière de cette affaire, et un changement profond dans les processus de production semble déjà amorcé.
Cet article explore une affaire où le choc entre liberté créative et responsabilité morale a provoqué l’abandon d’un projet sulfureux. Entre pression sociale, éthique artistique et protection de la jeunesse, la Corée du Sud redéfinit les limites de la fiction dans un climat de vigilance accrue.


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