La montée en puissance de la Hallyu s’accompagne d’une hausse des produits contrefaits et des dépôts opportunistes de marques à l’étranger. Dans ce contexte, la décision de réduire le réseau de centres d’appui internationaux de la Corée du Sud suscite des interrogations, selon une enquête de MTN (MoneyToday Broadcasting). Le sujet touche directement les entreprises exportatrices, confrontées à des litiges plus fréquents sur les marques, les droits et l’usage de signes liés à la K-culture.

KIPO réduit les IP-DESK malgré 23 000 cas de marques K
D’après MTN, l’Office coréen de la propriété intellectuelle, le KIPO, a exploité jusqu’en 2023 un dispositif appelé IP-DESK dans 11 pays et 17 sites. Ces guichets ont pour rôle d’aider les entreprises coréennes à gérer des conflits de propriété intellectuelle sur place, au plus près des offices locaux, des procédures et des pratiques commerciales.
Le point de friction mis en avant par le média est la réduction de ce maillage alors que les atteintes augmentent. MTN évoque notamment une explosion des cas de préemption ou de dépôts non autorisés de K-marques à l’étranger, chiffrés à 23 000 dossiers. Ce type de pratique peut bloquer l’accès à un marché, obliger une société à racheter sa propre marque ou à engager une procédure longue, coûteuse, avec un résultat aléatoire.
Pour les PME exportatrices, l’enjeu est opérationnel. Sans relais local, la collecte de preuves, la traduction des pièces, la compréhension du calendrier procédural et la négociation avec des plateformes ou des distributeurs deviennent plus difficiles. La réduction des points d’appui peut donc déplacer la charge vers des cabinets privés, avec des coûts parfois incompatibles avec des volumes de vente modestes.
Le débat porte aussi sur le signal envoyé. La popularité de la K-culture attire des imitateurs, et la protection des actifs immatériels devient une condition de compétitivité. Un réseau d’assistance visible sert de dissuasion et de filet de sécurité pour des marques émergentes, notamment dans les secteurs des cosmétiques, de la mode et des produits dérivés.
TIPA alerte sur l’extension des litiges IP vers l’Asie du Sud-Est
La pression ne se limite plus à un seul pays. Selon des éléments relayés par la TIPA, des responsables de la protection des droits observent une diffusion des comportements de parasitisme liés à la Hallyu au-delà de la Chine, vers l’Asie du Sud-Est. Cette évolution expose davantage d’entreprises à des conflits pendant la phase d’exportation, parfois avant même la mise en rayon.
Dans la pratique, les risques se matérialisent de plusieurs façons, dépôts de marques par des tiers, copies de packaging, utilisation de signes proches, ou encore enregistrements de noms de domaine. Les litiges deviennent plus complexes quand ils concernent plusieurs pays, avec des règles différentes sur la similarité des marques, la preuve d’usage ou la mauvaise foi.
Les centres à l’étranger sont conçus pour répondre à ce type de situations. Les documents de présentation des programmes d’ overseas IP centers décrivent des services concrets, conseil en propriété intellectuelle, interlocuteurs dédiés, et même des formats d’IP consulting sur le terrain dans un périmètre annoncé de 40 pays. Pour une entreprise, disposer d’un point d’entrée identifié peut accélérer une stratégie, opposition à un dépôt, médiation, ou action coordonnée avec une plateforme de vente.
La réduction du réseau, si elle se confirme dans la durée, pose donc une question d’adéquation entre l’intensité des atteintes et les moyens publics déployés. Les acteurs du secteur attendent des arbitrages plus lisibles, entre présence locale, dispositifs numériques, et coordination avec les associations spécialisées pour traiter des volumes de dossiers en hausse.
Sources
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un IP-DESK dans le dispositif coréen ?
Il s’agit d’un point d’appui à l’étranger destiné à aider les entreprises coréennes sur les questions de propriété intellectuelle, avec du conseil local et une orientation sur les démarches (opposition, plainte, médiation, coordination avec des acteurs locaux).
Pourquoi la préemption de marques est-elle un problème pour les exportateurs ?
Quand un tiers dépose une marque proche ou identique avant l’entreprise légitime, celle-ci peut perdre l’usage de son nom sur le marché visé, devoir racheter les droits ou lancer une procédure souvent longue et coûteuse.
Quels marchés sont cités comme plus exposés selon les sources mentionnées ?
Des acteurs de la protection des droits, via des éléments relayés par la TIPA, évoquent une diffusion des litiges au-delà de la Chine, notamment vers des pays d’Asie du Sud-Est, ce qui accroît le risque lors des opérations d’exportation.

