Malgré un chiffre d’affaires en hausse, la maison mère de Naver Webtoon reste dans le rouge et mise désormais sur les adaptations et les partenariats Disney pour transformer sa popularité en argent sonnant et trébuchant.
En 2025, Webtoon Entertainment a généré environ 1,3 milliard d’euros, soit une progression de 2,5 % par rapport à l’année précédente, et même de 3,9 % à taux de change constants. Derrière cette croissance se cache pourtant une réalité moins brillante : le groupe affiche toujours des pertes d’exploitation et une lourde perte nette. Le dernier trimestre 2025 a même vu le chiffre d’affaires reculer, preuve que le modèle actuel doit être ajusté. Face à cette situation, la stratégie est claire : pousser encore plus fort le business des droits d’auteur, multiplier les adaptations animées et live-action, et capitaliser sur la montée des utilisateurs payants.
Dates et prévisions clés
| Date / Période | Indicateur principal | Détail |
|---|---|---|
| Année 2025 | Chiffre d’affaires annuel | ≈ 1,3 milliard d’euros, +2,5 % |
| Année 2025 | Perte nette annuelle | ≈ 350 millions d’euros |
| Année 2025 | Perte d’exploitation | ≈ 57 millions d’euros |
| 4ᵉ trimestre 2025 | Chiffre d’affaires trimestriel | ≈ 310 millions d’euros, –6,3 % |
| 4ᵉ trimestre 2025 | Perte nette trimestrielle | ≈ 320 millions d’euros |
| 1ᵉʳ trimestre 2026 | Prévision de chiffre d’affaires | 305 à 320 millions d’euros |
Des chiffres en clair-obscur
Dans le détail, le tableau financier ressemble à un grand écart permanent entre croissance et déficit. Le business des droits d’auteur (IP) explose avec une hausse de près de 31,8 %, tiré par les licences, jeux, produits dérivés et adaptations. Les contenus payants ne progressent que de 0,4 %, signe que la monétisation directe des lecteurs stagne. Côté publicité, la baisse de 1,1 % rappelle à quel point le marché pub numérique est instable et concurrentiel, même pour un acteur mondial. Résultat : une perte nette d’environ 350 millions d’euros et une perte d’exploitation autour de 57 millions d’euros, malgré un socle de revenus déjà massif.
Le 4ᵉ trimestre 2025 confirme la tendance : le chiffre d’affaires tombe à environ 310 millions d’euros, soit une baisse de 6,3 % sur un an, pour une perte nette trimestrielle de près de 320 millions d’euros. Seul rayon de soleil, les utilisateurs payants mensuels augmentent de façon régulière : environ +3,3 % en Corée et +5,6 % aux États-Unis et dans d’autres régions grâce à de meilleures recommandations IA. Le message est limpide : l’audience est là, mais la rentabilité reste en retard. La direction promet donc de renforcer l’engagement, de muscler le fandom mondial et de mieux convertir cette base de lecteurs en revenus récurrents.
La ruée vers les adaptations et les grandes licences
Pour sortir de cette zone grise, le pari est désormais de transformer les webtoons en franchises globales. Le partenariat avec Disney est le signal le plus fort : une nouvelle plateforme proposera environ 35 000 comics Marvel, Star Wars et 20th Century Studios, ainsi que des webtoons originaux dérivés de ces univers géants. À côté, le pipeline d’adaptations s’allonge : « Dark Moon: Altar of the Moon » (créé avec ENHYPEN) et « Lore Olympus » en animation, « Viral Hit » en drama japonais live-action, ou encore le web novel Wattpad « Chasing Red » adapté en film hollywoodien.
En parallèle, la vague d’adaptations déjà visibles à l’écran – de séries comme « Spring Fever » ou « The Judge Returns » aux futures saisons de « Yumi’s Cells » – prouve que ce modèle fonctionne : les fans du webtoon original suivent naturellement les versions animées ou live-action, ce qui réduit le risque pour les studios et accélère la production de contenus rentables. Mais la condition est claire : respecter le matériau de départ, soigner le casting, préserver les scènes et la tonalité qui ont construit le succès initial. Entre finances fragiles et potentiel énorme, Webtoon Entertainment joue désormais sa prochaine décennie sur sa capacité à transformer des cases dessinées en univers multimédias capables de peser face aux géants de la culture pop.

